Les ateliers pédagogiques du Pôle mosan : compte rendu
Compte rendu de l’atelier 5
Autonomie et nouvelles technologies
Michel Delhaxhe
Dans un premier temps, en se référant principalement à deux articles de la webographie, Vassilef et Linard, notre témoin a tenté de définir le concept d’autonomie dans le cadre des nouvelles technologies.
1. Dans quelle mesure les nouvelles technologies peuvent-elles favoriser l'autonomie de l'étudiant ?
C'est parce que les TIC offrent un véritable soutien technique aux pédagogies (inter)actives qu'elles participent au développement de l'autonomie. Bien utilisées, elles donnent à l'apprenant de réellement entrer en action, d'appréhender le savoir par la pratique, de faire des choix en terme d'objectifs, de méthodologies et d'évaluations. Pour reprendre l'expression de Vassileff, elles rendent l'apprenant "propriétaire de son espace-temps ". De la sorte, l'étudiant devient responsable. C'est parce que l'étudiant a des droits d'expressions qu'ilpeut être tenu pour responsable.
Ce recouvrement de la liberté ne suffit pas. Il faut encore que l'étudiant adhère à la mission qui lui est confiée. C'est le concept d' " authenticité". C'est parce que l'apprenant se sent impliqué dans ses actes qu'il endosse des responsabilités. Vassileff prétend que le formateur ne peut agir sur ce caractère purement " subjectif " (l'auteur aborde également la dimension relative de l'authenticité : la construction du moi se fait à partir de l'action de l'environnement sur un sujet). Marianne Poumay pense, par contre, que le professeur peut faciliter l'adhésion de l'apprenant à l'activité proposée et ce en lui donnant du sens (cf. fiche d'activité).
2. L'autonomie n'est-elle pas plutôt un pré-requis à l'utilisation de ces outils ?
Si l'enseignement à distance ne fait que transférer sur un nouveau support les contenus et processus utilisés depuis des décennies dans l'enseignement universitaire, il est clair que l'autonomie (comprise comme responsabilité) est la condition " sine qua non ", le pré-requis indispensable pour mener à bien ses études.
Dans un deuxième temps, notre témoin a présenté quelques illustrations mettant en évidence l’autonomie de l’étudiant dans le domaine des nouvelles technologies et, plus particulièrement de l’enseignement à distance.
Pour ce faire, il a classé les exemples en fonction de leur champ de réflexion pédagogique : analyse des besoins, méthodes et évaluation. Nous en citons quelques-uns.
Analyse des besoins :
- Test autodiagnostic dans « Méthodes en ligne » (Guidance Etude, ULg),
- Accès libre, en groupe ou accompagnement personnalisé (Dpt de français, ULg),
- Multiples ressources à distance (Chimie, ULg).
Méthodes (inter)actives :
- Projet et outils (Lancement de produit commercial, Hemes),
- Apprentissage par problème et étude cas (Déontologie, ?),
- Simulation (Physique, ULg).
Evaluation :
- Perspective et utilité des apprentissages (Pédagogie des moyens audio-visuels, ULg).
Notre témoin a conclu en insistant sur la nécessité d’actualiser et d’exploiter le potentiel des outils technologiques dans un but d’incitation à l’activité des étudiants.
La présentation powerpoint du témoignage est proposée à l’adresse « témoignageFG »
Discussion :
Nous reflétons ci-dessous les différents aspects et points de vue évoqués dans la discussion durant laquelle la quasi totalité des participants se sont exprimés.
- Les exemples présentés sont ceux réalisés à l’université. Ces outils ne sont pas facilement adaptables à d’autres niveaux d’enseignement.
- L’autonomie laissée aux étudiants n’est sans doute pas identique à tous les niveaux d’étude : il peut exister une variété d’extensions de la liberté laissée à l’étudiant qui permette quand même les différentes expressions.
- La quantité de travail pour créer et pour utiliser des cours en ligne est importante : il faut être persévérant et posséder des équipes ou des moyens car ce n’est pas sans coût humain et financier.
- Il doit exister une différence entre le cours écrit et celui en ligne : sans cet aspect nouveau ou complémentaire, cela ne se justifierait pas.
- Les nouvelles technologies doivent aider à une meilleure représentation de la profession en recherchant l’adéquation entre les cours et la réalité professionnelle.
- Il ne faut pas attendre le supérieur pour rechercher l’autonomie des étudiants : le secondaire doit aussi se sentir particulièrement engagé dans cette entreprise.
- Le travail par groupe serait plutôt facilitateur d’autonomie, malgré certains effets parfois pervers. Distribuer des rôles dans le travail collectif est assez efficace.
- La question se pose de l’utilité de ces nouvelles technologies dans toutes les disciplines, notamment pour les approches communicatives (ex. apprentissage des langues). La réponse serait plutôt positive, même s’il faut chercher des réponses originales en fonction de ces contenus.
- Il faut toujours être vigilant quant à la propriété intellectuelle en matière d’enseignement à distance.
Pôle
Mosan d'Enseignement Supérieur et Universitaire
Juillet 2004 - Secrétariat
général